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I stand here right next to you (ft. Jo)

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MessageSujet: I stand here right next to you (ft. Jo) Mer 3 Juil - 14:06


I stand here right next to you.



Il avait finit par faire beau, à Londres ; beau comme un mois de juin dans la capitale britannique : le soleil avait décidé de pointer le bout de son nez, chasser les nuages par-dessus la manche ; et toute la ville jouissait sous la chaleur, sous les températures estivales, qui ôtait pulls et écharpes pour laisser s'épanouir t-shirts et petites robes. Partout c'était la recrudescence des sourires jadis en berne, le bon folklore des londoniens sympathiques, les politesses qu'on échange entre deux glaces sur les parvis poussiéreux. La ville entière vibrait dans l'instant éphémère du beau temps, on squattait les banc publics et les verdoyantes pelouses, les terrasses de café se remplissaient trop rapidement et même la princesse de Cambridge s'était affichée en maillots de bain. Bref, Londres vibrait d'une bienheureuse pulsation de bonheur et d'euphorie.

Ned, pas tellement.

Il marchait le nez en l'air et les mains dans les poches, avec ce faux air détaché de ceux qui savent très certainement où ils vont sans vouloir le reconnaître. Ned Johnson ce mauvais libertaire allant sur la trentaine, débraillé comme un gamin de dix piges, les cheveux rebelles à force d'être manipulés, le teint pâle loin de toute lumière du soleil et l'esprit accaparé par milles problèmes réclamant milles solutions qui l'appelaient sans cesse dans le maelstrom de son cerveau. Il avait ce faux air occupé, sur cette fausse perpétuelle concentration, qui laissait ses sourcils pointer sur le brun un peu inerte de ses pupilles. Les rayons du soleil avaient fini par renoncer à marquer sa peau d'une quelque manière que ce soit, et sous la chaleur qui émanait du bitume, il agitait ses paupières à n'en plus savoir ce que c'était, encore, de respirer l'air d'un espace libre. Il déambulait en grand idéaliste vers Russel Square, longea les larges pelouses de l'université de médecine et bifurqua immédiatement vers l'entrée de la fac de droit. Le hasard n'avait aucune implication dans sa présence ici, à ce moment précis ; et il était plutôt bien placé pour l'affirmer puisqu'il pouvait mathématiquement le prouver. En rehaussant les lunettes sur son nez, il eut même l'impression futile de se chercher des excuses, de chercher à renoncer au dernier moment, évacuer la confrontation d'un habile détournement, d'aller voir des collègues dans le département mathématiques ; bref, d'ignorer les raisons de sa venue à l'Université de Londres.

Un pas en avant, un pas en arrière ; il était déjà face à l'imposante grille en fer lorsqu'il se décida à rebrousser chemin par manque de conviction, juste au moment où une tête rousse traversait la cour d'un pas décidé et affirmé qui le laissa pantois quelques secondes supplémentaires. Joanne. Joanne qui fonçait tout droit, sans le voir, passant à quelques mètres les yeux baissés et le regard concentré, dans ses réflexions, sur l'infini, peut-être, sur ce qu'il fallait de courage pour être aussi belle, aussi furieuse et aussi attendrissante. Elle s'éloignait déjà loin devant lui lorsque Ned activa finalement la machine, dans une petite course fébrile qui manqua par deux fois de le précipiter le nez dans la pelouse, il gueula son nom avec le romantisme d'un sandalette de ménagère, loin des clichés romantiques que son cerveau ankylosé avait envisagé.

" Eh ! Eh, Jo, eh !" Elle ne s'était pas encore tout à fait retournée qu'il s'arrêta quelques mètres avant, la fixa, un sourire apparut sur son visage et il termina d'avancer, les traits avenants. Il ouvrit la bouche sans pouvoir se contrôler, dans un sursaut de lucidité qui le frappa sans prévenir. " Salut. T'es jolie." Ned eut un temps d'arrêt, le temps d'analyser brièvement les contenus et aboutissements de la phrase, puis il ouvrit la bouche, la referma finalement, crut bon de préciser finalement : " Enfin. T'as l'air d'aller bien quoi."

Il se sentait déjà pathétique, déjà traversé par mille émotions contradictoires qui se bousculaient aux frontières de son esprit, de sa peau et de sa bouche. C'était comme un flot ininterrompu dans sa tête, un torrent de sensations aussi contradictoires les unes que les autres, une maladresse née de l'indécision et une incapacité à pouvoir fixer ne serait ce qu'une pensée, ne serait-ce qu'un son, au contact des deux grands yeux bruns. Elle se tenait face à lui, entière, pleine, et Ned croulait sous sa présence à ne plus savoir où se mettre, à ne plus savoir comment s'expliquer, comment justifier sa présence, comment se tenir et comment se comporter. Alors il glissa une main pleine d'indécisions dans la masse capillaire qui dansait au-dessus de son crâne, bafouilla deux ou trois interjections avant de reprendre, finalement, du mieux qu'il put.

" Je t'ai vu la dernière fois là, à la galerie... mais t'avais l'air occupé avec tes amis alors, bon, bref, j'me suis dit que c'était pas trop le moment." Il lui glissa un sourire, un encouragement, le fruit d'une concentration de plusieurs jours, une curiosité un peu mal placée aussi, mais une question en sourdine, une phrase qui ne réclamait rien en demandant tout. "... j'ai bien fait ?" Il commençait vraiment à avoir chaud dans la chemise blanche qui collait à sa peau, et sous le tonnerre de la chaleur, il lui glissa gentiment la demande, derrière la bonté de son sourire.
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MessageSujet: Re: I stand here right next to you (ft. Jo) Mer 3 Juil - 18:54


I stand here right next to you.



Quand elle était enfant, en voyant les couples se déchirer autour d'elle,  Jo s'était promis de ne jamais se rendre dépendante d'une personne. De ne jamais faire partie de ce groupe de femmes qui ont du mal à avancer une fois leur relation terminée. Et surtout, de ne jamais pleurer pour un type l'ayant rejetée. Pourtant, le résultat était là aujourd'hui, Jo avait bien peur d'être devenue l'une d'elles et ça lui faisait horreur, elle qui s'était toujours vantée de son indépendance sentimentale, elle se retrouvait à être logée à la même enseigne que celles qu'elle appelait les cruches. Certains jour, ce manque ne la pesait pas, elle se sentait au contraire totalement bien et prête à conquérir le monde, étant persuadée d'avoir été idiote d'être tombée amoureuse de son meilleur ami et qu'il ne la méritait pas. Un sourire sur les lèvres, elle était prête à affronter tout comme si ses sentiments à son égard n'avaient jamais existés. Mais certains autres jour, c'était plus difficile, sourire était difficile même s'il était nécessaire pour éviter toutes questions dont elle n'aurait pas envie de donner la réponse. Certains jours oui, comme aujourd'hui.  Installée sur la terrasse d'un café avec quelques amies qui étaient dans la même fac que la rousse, dans l'espoir futile de s'éloigner du bruit et de l'agitation qui régnaient à l'intérieur, Jo était en train de tourner le verre de limonade entre ses mains. Commandée il y a déjà une dizaine de minutes, elle n'avait pourtant toujours pas touchée à la boisson, l'esprit trop préoccupé et la tête bourrée de pensées diverses pour réaliser qu'elle devait avoir l'air bien idiote, à fixer son verre comme si elle allait y trouver la solution magique à tous ses problèmes. Elle avait spécialement tenu à ne pas prendre un breuvage alcoolisé à l'inverse de ses amies, mais maintenant elle en venait à se demander si un gin ne lui aurait pas fait plus de bien. Surtout lorsqu'elle daigna enfin boire une gorgée de l'eau gazeuse au goût de citron qu'elle parvenait à peine à reconnaître. C'était mauvais. Et ça n'arrangeait rien à l'après-midi désastreuse qu'elle était en train de passer. Pensant que manger en dehors de la fac lui serait bénéfique au lieu de rester enfermée, Jo s'était littéralement forcée à suivre ses amies mais tout ce qu'elle voulait désormais était de retourner à la fac au plus plus vite. Tant pis si ça faisait d'elle quelqu'un de coincé parce que la pause était faite pour décompresser et prendre du bon temps. Jo était toujours rattrapée par l'idée qu'elle s'était suffisamment amusée au cours de sa jeunesse, qu'elle avait eu assez de gueules de bois; qu'elle avait, en d'autres termes, passé l'âge des distractions de ce genre. Elle avait toujours cru que le fait d'être invitée aux soirées lui avait permis d'acquérir une certaine popularité mais maintenant elle avait juste cette amère impression d'avoir vieilli. Tout ce temps passé à courir pour essayer de fuir sa vie d'avant l'avait vidée de toute énergie et en ayant enfin le temps de se poser et de réfléchir, Jo se posait toute sorte de questions. Sephora, elle, savait mieux profiter de chaque jour et croquait la vie à pleines dents pendant que Jo avait tendance à trop penser et analyser. Se comparer à sa soeur n'était pas quelque chose qu'elle voulait faire et elle ne l'avait jamais voulu, mais elle ne pouvait plus s'en empêcher.

Jo garda le verre de limonade loin d'elle et reporta son regard vers la rue sur laquelle donnait la terrasse. « Toujours avec nous Jo ? » La rousse reporta son attention sur l'une des quatre filles qui l'accompagnait. Si elle était avec elles ? Non, pas vraiment. Elle pensait à Dorian, à la soirée désastreuse qu'elle avait passé et surtout la manière dont elle s'était terminée. Leur amitié n'était plus ce qu'elle était, même un aveugle pouvait le confirmer. Et avec Enola dans les parages, elle se détériorait de plus en plus à mesure que le temps passait. Soit. Dorian était certes son meilleur ami mais inutile que ses sentiments pour lui ne lui gâche la vie. Marla lui avait répété qu'elle méritait mieux que lui, et ce à maintes et maintes reprises. A l'inverse, Sephora jouait les entremetteuses. Camille lui, ne se privait pas pour les mettre mal à l'aise lorsqu'ils étaient dans la même pièce. Tandis que les amies de la rousse trouvait Dorian particulièrement sexy. « Laisse tomber, elle pense encore à sexy Grey. » avait répondu, amusée,  la brune assise en face de Jo, qui accessoirement, la fusilla du regard. Elle déposa l'argent sur la table et se leva brusquement avant de répondre: « Si tu veux je t'organise un petit truc avec lui, comme tu as l'air de le trouver si sexy. » Puis elle tourna les talons, furieuse, et se dirigea vers l'université d'un pas determiné. Elle ne devait voir personne, elle avait juste besoin de trvailler pour oublier. Certains se mettaient à boire pour oublier leurs problèmes mais ayant deux enfants à charge, Jo n'avait pas envie qu'ils aient une mère alcoolique. Elle savait ce que c'était d'avoir un parent ayant ce genre de soucis, elle se souvenait de comment son père était et ce que sa mère avait enduré. Elle avait d'ailleurs béni son alcoolique de père le jour où il l'avait envoyé au pensionnat pour jeunes filles. Au moins là-bas, elle n'avait pas du supporter cet ivrogne. « Eh ! Eh, Jo, eh ! » A l'entente de son prénom, la rousse se retourna, se demandant bien qui pouvait l’appeler. Elle plissa les yeux afin de le reconnaître, le soleil l'éblouissait tellement qu'elle peinait à les garder ouverts. Et, au fur et à mesure que la silhouette avançait, Jo n'avait plus grand mal à le reconnaître. Panique à bord, pouls qui s’accélère pour une obscure raison. Il n'y avait que deux personnes qui provoquait cet effet chez la rouquine: Dorian et Ned. « Salut. T'es jolie. » Généralement une conversation ne commençait pas par cela mais pourquoi pas. Après tout, c'était un compliment. Cependant, la jeune femme arqua un sourcil devant la réplique de son ami. « Enfin. T'as l'air d'aller bien quoi. » Oh bien sûr, elle était resplendissante tant elle allait bien ! Ironie évidemment. Jo avait une mine affreuse, avec des cernes de trois kilomètres sous les yeux et ses cheveux ne devait pas ressembler à grand chose tant le vent soufflait. « On va juste garder le "t'es jolie". Ça ira très bien Ned.  » répondit-elle amusée par la gêne du brun. « Je t'ai vu la dernière fois là, à la galerie... mais t'avais l'air occupé avec tes amis alors, bon, bref, j'me suis dit que c'était pas trop le moment... j'ai bien fait ? » Ses amis... pas vraiment non. « Ah tu parles de Dorian et la cruche qui lui sert de copine ? J'étais plutôt occupée à lutter contre mon envie de la tuer sur place oui ! » Enola et Jo, une belle histoire. Ça se sentait d'ailleurs dans les propos de la rousse. « Oh oui ! Enfin pas que je ne voulais pas te voir mais en ce moment c'est compliqué avec Dorian. Il vaut mieux pour toi de ne pas l'approcher.  » conclut-elle en posant une main sur l'épaule de Ned, hochant la tête comme pour confirmer ses propres dires. C'était préférable pour lui, effectivement.
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MessageSujet: Re: I stand here right next to you (ft. Jo) Lun 22 Juil - 8:38

C'est marrant comme le monde tournait vite lorsqu'elle était là. C'est marrant comme le temps défilait, comme les étoiles mourraient, comment l'espace se contorsionnait sur lui-même et faisait des minutes des secondes, des heures des minutes, des jours un éphémère instable. Il y avait quelque chose de pas humain chez cette fille, quelque chose qui transcendait le sensible et le solide, qui la menait au stade de matière aimantée sur talons, le genre sublime sans artifices, le genre à exploser dans le ciel avec déni du temps, des températures et de la bonne mesure. Joanne Wilshire, deux grand yeux bruns sous une toison rousse chatoyante, vibrante, agitée comme la mer ; Joanne les deux pieds sur terre, l'univers au fond des yeux, un gouffre béant qui le bouffait, et le bouffait encore, en grand obsédé intellectuel compulsif qu'il pouvait être. Elle était comme le mal, comme la douleur, récurrente, présente, toujours à l'esprit.

Et Ned qui ne pouvait se la sortir de la tête. Il avait bien essayé pourtant, la complication, les mathématiques, les soirées pokers entre deux verres de limonades - mais pas coupée, la limonade - les regards sur les autres filles, l'agitation complexe du phénomène sous la boîte crânienne, sans comprendre, sans désespérément comprendre, à quoi tout cela pouvait bien rimer, et si ce n'était fantaisie et vent, qu'est ce que ça pouvait bien être.

Face à lui, elle exultait. Les sentiments contradictoires résumés aux deux billes brunes qui la fixaient, la rougeur de la pupille qu'il ne perçut pas immédiatement, les cernes, l'éclat peut-être moins brillant des cheveux. Ned et son imagination débordante faisaient la suite. Assurément, malgré l'apparente tranquillité, quelque chose n'allait pas. Quelque chose clochait, comme un courant d'air froid sous la chaleur pesante, un nuage qui passait dans le ciel à vitesse constante, toujours en vu, là, sous son nez. Curieux mais pas fou pour autant, le thésard décida de passer la réalité physique de Jo sous silence - d'abord parce que ça ne l'empêchait pas de rayonner face à lui à lui en faire plisser les yeux, et ensuite parce qu'il était à peu près certains que le sujet n'allait pas tarder à être balancé sur la table. Il y avait une lueur sur le visage de la rousse qui lui faisait penser qu'elle voulait en finir.

« Ah tu parles de Dorian et la cruche qui lui sert de copine ? J'étais plutôt occupée à lutter contre mon envie de la tuer sur place oui ! » La raison la voilà. Mais dans cette phrase à deux inconnus, plutôt qu'un regard compatissant, Ned se sentit tellement perdus qu'il ouvrit la bouche et la referma à plusieurs reprises sans trouver rien à y redire. Dorian. Sa cruche de copine. Avait-il loupé un épisode. Dorian. Qui était Dorian. Manifestement pas son petit ami. Son frère ? Mais si. Dorian. Allez. Dorian quoi. Ned se promit de ne plus jamais penser différentiel lorsque quelqu'un lui adresserait la parole. Elle avait déjà du lui glisser le nom une ou deux fois lorsqu'ils discutaient durant des fêtes diverses, des endroits où généralement, l'estomac était plus rempli que le cerveau, bref, un de ces endroits où toutes informations importantes se révélait inutiles. Ned hocha la tête pour faire celui qui comprenait très bien, tâchant de recoller les morceaux aussi vite que son cerveau pouvait le permettre.

Au-delà des noms, des raisons, la voir dans cet état là ne parvenait pas à le faire se concentrer sur autre chose. La voir agitée, perplexe, la voir en colère, foudroyé d'une jalousie et d'une haine apparemment sans complexe, la voir différente, si différente. Ned avait conscience de n'être que d'un secours misérable : parce qu'il n'avait pas toutes les informations concernant l'histoire, parce qu'il la sentait prête à exploser, parce qu'il ne savait pas trop comment la prendre, du coup, comment l'aborder ; parce qu'il était Ned tout simplement, et qu'il s'agissait de Joanne.

Il sentait au fond de sa voix la dureté des mots qui s'exprimaient surtout par ses yeux, l'application nécessaire qu'elle mettait à cracher chaque syllabe dans une difficulté croissante. « Oh oui ! Enfin pas que je ne voulais pas te voir mais en ce moment c'est compliqué avec Dorian. Il vaut mieux pour toi de ne pas l'approcher.  » Elle avait posé la main sur son épaule, hochant la tête comme pour se convaincre elle-même. Ned eut un regard main-épaule-yeux, puis de nouveaux yeux-épaule-main. Il resta quelques secondes interdit, perplexe même, avant de commencer avec doute et timidité : "Mais..." Il leva la main et une moue d'incompréhension s'installa sur son visage. "Je sais même pas à quoi il ressemble." Ce qui techniquement n'était peut-être pas vrai - il avait sûrement du l'apercevoir une fois, bah tiens, à la galerie d'art par exemple - mais Ned le poisson rouge ne pouvait faire confiance à son instinct de survie pour le tenir loin de celui qui, apparemment, le détesterait sans même le connaître.

"Je comprends pas. C'est avec toi que c'est compliqué, pourquoi ce serait à moi de pas l'approcher ?" Il la fixa de ses deux grands yeux empli de frustration, de ce jeu social qui était bien trop pour lui. Soudain, la mèche brune sur sa tête s'agita, et Ned battit des bras dans une soudaine illumination. "Tu sais quoi ? Viens, on va se prendre une glace et aller s'assoir quelque part. Tu me racontes tout ok ?" Il s'était déjà retourné pour trottiner vers le premier marchand venu lorsqu'il fit demi-tour, se planta une dernière fois devant le visage de Jo et affirma d'un ton presque ferme s'il n'était doux : "Le non n'est pas une réponse acceptée, je suis désolé." Il l'entraina à sa suite vers le commerçant ambulant, hésitant devant les choix de parfums comme un gamin de cinq ans soumis à la décision de sa vie.
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MessageSujet: Re: I stand here right next to you (ft. Jo) Mar 23 Juil - 21:14




A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
et regarder les gens tant qu'y en a.
Te parler du bon temps qui est mort ou qui r'viendra.




Joanne n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle ressentait pour le jeune homme qui se trouvait devant elle. C'était frustrant de ne pas comprendre la raison pour laquelle son coeur battait si fort lorsqu'il était là, tout comme c'était frustrant de ne pas savoir pourquoi elle n'arrivait pas à se le sortir de la tête. Dorian, Ned. Ned, Dorian. Elle aimait Dorian, oh oui mais était-elle prête à l'attendre ? Rien n'était moins sûr. Elle qui avait été si prude était loin de l'être aujourd'hui. Et même si elle se disait qu'elle n'avait nullement besoin de quelqu'un, elle se mentait à elle-même. Si elle clamait haut et fort qu'elle préférait être seule que mal accompagnée, elle mentait aussi. Jo était dépendante de Dorian même si elle se détestait pour ça. Elle avait besoin de lui et ce, de plus en plus chaque jour. Elle crevait d'amour pour lui et elle haissait ça. Ce n'était qu'une enflure. Certes, une enflure sacrément sexy mais il restait une enflure. S'en était une parce qu'il l'abandonnait pour une autre, la laissait au fin fond du trou ne cherchant même pas à l'aider à en sortir. Il pouvait se passer des jours sans qu'il ne donne de ses nouvelles, trop occupé sans doute avec Enola. Fort heureusement, il y avait Ned qui répondait toujours présent. La rousse le savait, elle pouvait tout lui confier. Il l'écouterait d'une oreille attentive et serait toujours là pour qu'elle lui fasse part de ses soucis, du plus insignifiant au plus important. Aussi, elle savait qu'il ne l'abandonnerait pas pour une autre fille parce que Ned n'était pas de ce genre là. Peut-être était-il gay. Après tout, Jo ne l'avait jamais vu s'intéresser à quelques filles que ce soit. Pourtant, nombreuses elles étaient à s'intéresser à lui. Jo la première. Oui il lui plaisait, oui elle aimait passer du temps avec lui et oui, il était peut-être celui qui l'aiderait à oublier Dorian. Mais comme elle se le répétait depuis qu'elle le connaissait: il était trop bien pour elle. Et si un jour il se passait quelque chose entre eux, aussi insignifiante soit-elle, Jo lui ferait plus de mal que de bien. Alors la jolie rousse faisait comme si de rien n'était tout en essayant de se convaincre qu'elle ne l'aimait pas. Qu'il était un simple ami. Et même si parfois son regard pouvait trahir ce qu'elle essayait tant bien que mal de cacher, elle s'entêtait à se dire qu'elle ne ressentait que de l'amitié pour lui. Non, elle n'était pas faite pour lui et du moment qu'elle gardait ça en tête, rien ne se produirait. Et quand bien même, si Ned ressentait quelque sentiment que ce soit pour elle, il n'en dirait rien. Parce qu'il était différent de Dorian et qu'il était bien trop timide pour lui avouer quoique ce soit. Du moins, c'est ce que Jo supposait.  Elle fut donc étonnée qu'il lui fasse un compliment. Oh, il lui en avait déjà fait mais à chaque fois, elle en était étonnée. A chaque nouvelle rencontre, elle le découvrait moins timide. Plus amusant aussi. Et même si Dorian était bien loin, elle ne pouvait s'empêcher de le comparer à Ned. Histoire de tirer au clair ce qu'elle ressentait pour son ami. Et puisque les compliments du brun ne la faisait pas autant rougir que ceux de son meilleur ami, Jo en conclu qu'elle n'était donc pas amoureuse de lui. Oui, oui, c'était juste un ami. Mais si Ned n'était rien de plus, comment cela se faisait-il que la rousse ait besoin de cette proximité ? Pourquoi son corps semblait-il être aussi attiré par Ned tout entier ? Mais la rousse n'y prêtait aucune attention aujourd'hui, bien trop occupée à cracher sa haine envers celle qui était responsable de l'éloignement de Dorian. Oh, si Jo pouvait l'étriper, elle ne s'en priverait pas ! Ce fut donc sans la moindre hésitation que Jo poursuivit ses explications, faisant bien comprendre à Ned qu'elle ne supportait pas Enola et qu'elle était bien décidée d'offrir sa tête sur un plateau d'argent à Dorian.

Pauvre Ned, il ne devait pas comprendre grand chose à toute cette histoire. Il ignorait l'essentiel. Il ne savait pas que Jo aimait Dorian mais que lui, aimait Enola. Il ignorait ce que Jo avait fait pour essayer de briser leur couple, pour avoir son meilleur ami rien que pour elle. Il ne savait même pas comment la soirée s'était terminée, ni même la voiture qui avait heurtée la jeune femme de plein fouet. Oh, plus de peur que de mal mais tout de même. Bien sûr, Jo lui avait déjà parlé de Dorian. C'était un sujet incontournable et la rousse avait toujours une anecdote avec lui à raconter. Alors peut-être que Ned et Dorian n'avait jamais eu l'occasion de se rencontrer mais ils se connaissaient de par les dires de Jo à leur sujet. « Mais... Je sais même pas à quoi il ressemble. » La rousse fronça les sourcils, réalisant qu'il n'avait pas tord et que c'était idiot de lui parler d'un type qu'il n'avait jamais vu. Ce qui était d'ailleurs étrange alors que Dorian faisait partie intégrante de la vie de la jolie rousse. « Il ne vaut mieux pas que tu le saches. » se contenta-t'-elle de répondre, hochant la tête. « Je comprends pas. C'est avec toi que c'est compliqué, pourquoi ce serait à moi de pas l'approcher ? » Elle avait bien envie de lui expliquer que Dorian était un brin possessif et qu'il n'apprécierait probablement pas que la rousse passe autant de temps avec lui. Elle aurait aimé lui dire que sa réaction vis-à-vis de Clyde et Favio ne faisait que la conforter dans cette idée mais pour une obscure raison, elle s'abstint de lui raconter. « Il est un peu possessif avec moi, c'est tout. » Juste un peu, oui. « Tu sais quoi ? Viens, on va se prendre une glace et aller s’asseoir quelque part. Tu me racontes tout ok ? » Elle eut à peine le temps de répondre que Ned lui tournait déjà le dos. Puis, remarquant certainement que Jo ne le suivait pas, il revint sur ses pas et dit d'un ton qui se voulait ferme:  « Le non n'est pas une réponse acceptée, je suis désolé. » Ned la prit ensuite par la main, l’entraînant ainsi jusqu'au marchand de glaces ambulant. La jeune femme hésita longuement avant d'opter pour une simple glace parfum pistache puis elle s'installa sur le banc situé un peu plus loin. Après une minutes -peut-être même deux- Ned vint s'asseoir à ses côtés. « Je présume que c'est toi qui régale. » fit-elle amusée avant de commencer sa glace avec autant de classe qu'un dromadaire. Elle devait s'en mettre partout vu la manière dont Ned la regardait. « Ne me regarde pas comme ça Johnson, toi aussi tu t'en mets partout ! » conclut-elle dans un grand éclat de rire.
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