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Stumbling across the unknown

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MessageSujet: Stumbling across the unknown Lun 21 Mai - 13:04

Stumbling across
the unknown


CROSS THE BORDER INTO THE BIG BAD WORLD


Anne n'avait jamais eu personne pour lui dire que sortir par un temps pluvieux est déraisonnable. Si elle l'avait quelque fois deviné dans le regard réprobateur de Mrs. Johnson, elle n'en avait jamais eu cure, et avait développé un amour presque obsessionnel pour les promenades sous la pluie. Pas folle au point d'y aller tête nue et débardeur, elle se munissait d'un parapluie et de vêtements chauds et confortables et trouvait ainsi bien plus aisé de commmunier avec la nature. La nature... On la décrivait si bien dans les romans réalistes français. Si bien même que c'en devenait rédhibitoire, et peu poétique. Non, ce qui attirait vraiment la jeune femme dans les paysages grisonnants couverts du voile plus ou moins épais de la pluie, c'est l'effet presque impressionniste qui s'en dégage.

Ainsi, lorsqu'elle avait vu, en levant le nez de Germinal ("Quelle plaie !"), qu'il pleuvait doucement sur les route de Dancing Cat Road, Anne Lizaveta Watkins avait décidé d'abandonner ses études le temps d'une balade humide. Elle avait laissé ses lunettes austères sur son bureau et s'était considérée trente secondes dans le miroir. Comme à chaque fois qu'elle agissait ainsi après quelques heures de lecture, la voix de William Johnson retentissait dans son esprit en un murmure sarcastique : "Il faudrait être fou pour vouloir déshabiller un tel rat de bibliothèque, Anna, tu pourrais faire un effort !" Et elle de répondre que lorsqu'elle lisait, elle était censée être seule, renvoyant ainsi le jeune importun dans ses pénates.

Mais il n'avait pas tort, William, il n'avait jamais tort. Son reflet lui renvoyait l'image malade d'une jeune fille effacée, au regard usé et au charme presque indétectable. Presque, heureusement, sinon Anne n'aurait plus qu'à s'enterrer sous ses volumes poussiéreux. D'un geste décidé, elle releva ses cheveux en un chignon lâche qu'elle attacha avec deux crayons à papier. "Ta marque de fabrique, Karenine", disait William. Elle se débarrassa ensuite de son jogging et de son pull troué aux manches et taché d'eau de Javel. Sans un regard pour son corps elle piocha dans sa garde-robe un pantalon fuseau couleur tabac et une tunique vert d'eau. Des tennis turquoise et son fidèle parapluie transparent complèterent sa tenue. S'il faisait plus froid qu'elle ne le pensait, ce serait bien fait pour elle. Anne sortit de chez elle comme si le diable était à ses trousses, à présent conscience du besoin d'air frais qui urgeait en elle.

Ses pas la menèrent au parc, cet endroit d'un calme ahurissant qui lui plaisait beaucoup. L'expression "jardin à l'anglaise" avait toujours évoqué en elle des visions féériques de plantes en goguettes, d'arbres vivants et de souches mortes, de fleurs resplendissantes éparpillées çà et là. Tout le contraire du parc du manoir, bien carré, bien versaillais, qui lui donnait envie de pleurer. Du coup, elle était tout de suite tombée sous le charme de ce grand parc désordonné aux mille et une cachettes, aux deux cent trois recoins, qu'elle ne connaissait pas encore par coeur. Situé très près de chez elle, il la voyait plus souvent errer dans ses allées que la bibliothèque.

Perdue dans ses pensées, chantonnant une berceuse russe que sa mère lui avait apprise - ne nous méprenons pas, uniquement parce que Anne le lui avait demandé, et ce à l'âge de douze ans -, la jeune femme se sentait comme une actrice et faisait tournoyer son parapluie transparent sous ses doigts fuselés. Si elle avait su d'emblée qu'elle n'était pas seule à parcourir les chemins maintenant boueux du parc, elle se serait abstenue. Lorsqu'au détour d'une pirouette sur elle-même style "I'm singing in the rain" en russe, elle tomba nez-à-nez avec une sublime créature aux cheveux bruns, elle trébucha, manqua de s'étaler par terre, s'étouffa avec sa salive et perdit un crayon qui siégeait dans sa chevelure. Bref, elle eut l'air ridicule.

Le rose plutôt rouge cramoisi aux joues, elle ramassa son crayon et leva la tête sans pour autant croiser le regard de la demoiselle inconnue qui lui faisait face.
    - Euh... Excusez-moi. Je vous en prie, continuez votre chemin et surtout faites comme si vous n'aviez pas vu ce qui vient de se passer.
Anne essaya de faire passer un peu d'humour dans sa voix, histoire que son vis-à-vis ne la pense pas a) complètement timbrée, b) à moitié sociopathe, mais doutait réellement d'y être parvenu.
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MessageSujet: Re: Stumbling across the unknown Mer 23 Mai - 18:12

Lana avait passé sa matinée dans le Parc, un livre sur ses genoux, un stylo dans la main, et des feuilles près d'elle, ainsi qu'un autre livre dans son sac, assise sur un blazer gris. Le temps n'était pas très chaud, mais il n'y avait pas encore de vent, et elle pouvait rester en débardeur, au soleil, l'ombre d'un l'arbre non loin de là. Plongée dans son travail, elle n'eut pas le temps de penser à autre chose, et de voir le temps passé. Quand elle releva la tête, elle avait noirci des pages de son encre bleue, et de son écriture fine et penchée. Il était déjà midi, et son ventre le lui rappelait douloureusement. Quand au ciel, s'il était encore bleu le matin même quand elle c'était installée là, il était maintenant grisonnant.

La jeune femme grimaça, espérant qu'il n'allait pas pleuvoir. Elle n'avait aucune envie de devoir aller travailler à la bibliothèque. Un mauvais souvenir y flottait encore: celui de sa rencontre avec Demyan, qu'elle n'avait pas vu depuis le meurtre de sa sœur. Un mélange de haine et d'ancien sentiment amoureux flottaient dans son cœur, et elle n'avait pas envie de s'y pencher pour se décider sur celui qui prédominait. La réponse lui faisait peur. Elle était toujours en colère contre lui, et à la simple vue de son visage angélique, encadré de cheveux blonds et percé de deux yeux bleus, ses doigts se serrèrent sur son stylo, menaçant de le briser. La Russe se détendit, respirant lentement. Elle n'avait pas non plus de rentrer dans la grande maison où elle vivait désormais, car Savannah allait certainement vouloir la pousser dehors.

Un soupir franchit ses lèvres. Elle passa une main dans ses cheveux, et décida de terminer cette partie de son devoir, avant d'aller dans un bar pour manger un peu. De dizaine de minutes passèrent à nouveau, jusqu'à ce qu'une goutte tombe sur sa feuille, créant un petit rond humide. Lana jura silencieusement, et rangea rapidement ses livres et ses feuilles dans son sac à main, large, qu'elle passa à son épaule après avoir posé son blazer sur ses épaules. Puis elle quitta son petit coin tranquille, pour aller retrouver la population, et aller répondre à l'appel de son ventre. Plongée dans ses pensées, elle remarqua à peine que la pluie tombait beaucoup plus fort que quelques minutes auparavant. Elle revint à la réalité quand elle heurta quelqu'un.

Cette personne eu plusieurs gestes que la Nickolaïevna remarqua du coin de l'oeil, mais qui lui semblèrent ridicule pour autant. Elle laissa un éclat de rire sortir de ses lèvres. Elle riait très peu souvent, et chaque éclat de rire était exceptionnel. Voila pourquoi elle ne les retenait jamais, quelque soient les circonstances. Une fois son fou rire passé, elle fixa ses yeux marron sur l'inconnue.



Je suis désolée, je n'ai pas l'habitude de rire. Pardon.

Son visage recouvra peu à peu son sérieux, tandis qu'elle détaillait la jeune femme qui lui faisait face, inconsciente de la pluie qui la trempait.



Non, mais c'est pas grave, aucun problème.
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